Approche pédagogique

Dès 1954, Caleb Gattegno, mathématicien, professeur et chercheur en éducation, a commencé à développer les divers aspects de l’apprentissage des langues sous un angle nouveau, par une approche scientifique et humaine qu’il a appelé le « Silent Way ».

Jusqu’à sa mort, en 1988, il n’a cessé d’étudier, d’observer et de mettre en évidence les pouvoirs mentaux et affectifs de ceux qui apprennent, quel que soit l’apprentissage. Il a poursuivi cette recherche par la création de divers matériels, la conduite de nombreux séminaires, l’apport pédagogique d’expériences menées dans le monde entier sur une cinquantaine de langues, et grâce à de nombreux étudiants et professeurs.

cours.caro.3Cette recherche s’est également appliquée à l’enseignement des mathématiques, à celui de la lecture, tant auprès d’élèves en langue maternelle qu’auprès d’analphabètes étrangers, et au sens large, de la science de l’éducation.

Caleb Gattegno a proposé une remise en question fondamentale de la relation enseignant-enseigné en basant son approche sur la subordination de l’enseignement à l’apprentissage. Certes, l’enseignant impose un certain nombre d’exigences précises aux personnes qui viennent apprendre une langue, mais il se laisse guider par tout ce qu’elles apportent en perception, intelligence, imagination, humour, pouvoir d’association et d’observation, pour créer le « vrai programme » unique pour chaque classe. L’enseignant conduit ses étudiants à la maîtrise de la matière à apprendre grâce à l’éveil de leur responsabilité et de leur éducation d’eux-mêmes. Cela ne peut avoir lieu sans le propre travail sur soi de l’enseignant. Cet cheminement scientifique exigeant, chargé de toutes les composantes humaines, ne peut être réduit au simple terme de méthode.

cours.caro.2Le « Silent Way » constitue une recherche dans laquelle théorie et pratique pédagogiques s’interpellent constamment. L’utilisation d’un matériel élaboré pour susciter des prises de conscience demande une exploration renouvelée de la langue et du langage, ainsi qu’une réflexion sans cesse affinée sur le processus d’apprentissage. Le matériel permet la mise en évidence de ce qui est à découvrir hiérarchiquement de l’apprentissage d’une langue, par exemple, mais il ne manifeste sa valeur que par la présence attentive, bien que silencieuse de l’enseignant, et par les apports personnels de chaque participant. Parmi les diverses techniques employées, celle du feed-back occupe une place prépondérante.

Les objectifs de nos cours

  • Faire découvrir une prononciation correcte, une syntaxe appropriée à la langue française et un apprentissage des bases de l’orthographe.
  • Permettre à des personnes de trouver ou retrouver les critères d’une maîtrise du français en lecture courante ( et compréhension), en grammaire, en orthographe et en rédaction de textes personnels simples.

Dans chacun des objectifs techniques des cours, nous visons l’autonomie des apprentissages et le développement de talents ignorés ou enfouis.

Le nombre d’étudiants par classe

20 pour le cours de français, 10 pour le cours d’alphabétisation.
D’une part, un groupe de cette ampleur permet une synergie intéressante qui favorise un travail efficace, d’autre part, il permet la formation de sous-groupes parallèles pour un travail plus individualisé. (c.f. plus bas)

Principes caractéristiques et utilité de cette approche pédagogique:

a. le matériel

gattegno.3Il est constitué de 16 panneaux muraux du « Silent Way » de Caleb Gattegno. La langue française est rendue visible grâce à un panneau de 37 rectangles colorés, associant les couleurs aux sons. L’absence de graphie permet de se concentrer, dans un premier temps, sur un travail très précis de phonétique visant soit la correction d’erreurs de langage, soit l’établissement de critères sûrs pour l’étude du français. Avant de s’emballer sur les réputées difficultés de l’écriture, nous mettons l’accent sur l’oral, avec ses composantes les plus subtiles. Ce travail d’éducation est non seulement la base de toute l’étude de l’écrit, mais installe les attitudes les plus importantes pour favoriser l’apprentissage.
Le passage de l’oral à l’écrit se fait par l’aisance à reconnaître la même couleur « recouvrant » les graphies différentes d’un même son (ex: tant que j’ai du temps pour apprendre, j’en bénéficie largement).
Les étrangers dont la langue ne s’écrit pas avec notre alphabet ont ainsi des critères de reconnaissance extrêmement sûrs.
Les panneaux spécifiques pour l’apprentissage de l’orthographe permettent d’aborder tous les niveaux possibles de cette matière.

b. notre perception du groupe

Nous recevons des gens d’âges, de cultures, d’origines sociales et de niveaux scolaires divers. Cela ne nous apparaît pas comme une source de conflits, nous voyons dans ces rencontres l’occasion d’offrir à ces personnes un lieu de partage unique.
Notre façon de procéder permet à chacun d’apprendre sous le regard compréhensif de tous. Le climat à la fois joyeux et sérieux qui naît des défis posés par la matière à apprendre devient très vite propice à de nombreux échanges. La progression du travail se fait grâce à l’augmentation des connaissances du groupe. Nous constatons que la recherche réciproque, la compréhension de situations différentes, la richesse venant d’un groupe d’une quinzaine de personnes attelées au même développement d’un apprentissage éliminent moquerie ou mépris. Ainsi, ségrégation et racisme disparaissent.


Contrairement aux idées généralement en vigueur, nous nous efforçons de promouvoir le concept d’un grand groupe travaillant ensemble. Nous savons que l’efficacité des échanges en est augmentée, pour le professeur comme pour le participant.

Les enseignantes:

– Noémie Délèze
– Brigitte Monod-Ducimetière
– Lynn Guex-Mingard